Bio & clean

Bio et clean : décrypter les nouveaux labels cosmétiques

Par Maxime
6 minutes

Labels bio et clean : quand la cosmétique s’engage


Dans les rayons beauté, impossible de passer à côté : produits estampillés "bio", "clean beauty", formules vertes et labels en tout genre envahissent crèmes, sérums et mascaras. Pour le consommateur, l’offre n’a jamais semblé si large, mais aussi parfois si floue. Que couvrent exactement ces labels ? Ont-ils tous la même signification ? Et qu’assurent-ils vraiment en matière d’innocuité, d’écologie ou d’éthique ? Décryptage, conseils pratiques et astuces pour faire des choix éclairés.


Pourquoi une telle vague "bio & clean" dans la cosmétique ?


Portée par une demande croissante de transparence, de sécurité et de respect de l’environnement, la cosmétique connaît une véritable mutation. Les scandales sanitaires (perturbateurs endocriniens, ingrédients allergisants...), la conscience écologique (pollutions, impact du plastique) et les réseaux sociaux ont changé la donne. Aujourd’hui, chaque acheteur exige en moyenne : des formules plus naturelles, moins chimiques et moins polluantes.


Face à cette évolution, les marques vont plus loin que la simple "formule" : elles s’entourent de labels, chartes et promesses pour rassurer, valoriser leurs engagements et prouver leur bonne foi. Mais tous les labels ne se valent pas…


Bio, naturel, clean : définitions à l’épreuve du marché


  • Cosmétique « bio » : Un produit cosmétique est dit "bio" lorsqu’il contient une part importante (généralement 95% minimum) d’ingrédients d’origine naturelle, issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire cultivés sans OGM, pesticides ni engrais chimiques.
  • Cosmétique « naturelle » : Ici, on évoque plutôt l’origine non synthétique des composants. Mais « naturel » ne veut pas forcément dire « bio » : une huile d’olive peut être naturelle, mais non issue de l’agriculture biologique.
  • Cosmétique « clean » : Terme non officiel, "clean beauty" désigne des produits exempts d’ingrédients controversés ou jugés indésirables (sulfates, parabènes, silicones, PEG, etc.), même si d’autres composants synthétiques peuvent rester présents.

Le problème : aucune définition officielle ou harmonisée, d’où la prolifération de logos et de labels parfois difficiles à comparer.


Panorama des principaux labels bio et clean


Comment se retrouver dans la jungle des certifications ? Quelques repères :


  • Cosmos (Cosmos Organic, Cosmos Natural) : Réunit cinq grands organismes européens (Ecocert, Cosmébio, BDIH, ICEA, Soil Association). Cosmos Organic exige qu’au moins 95% des ingrédients végétaux soient issus de l’agriculture biologique, et 20% du total pour l’ensemble de la formule (10% pour les produits rincés).
  • Ecocert : Pionnier français, certifie les produits à partir de critères stricts : pas d’ingrédients pétrochimiques, colorants ou parfums synthétiques, OGM ou nanoparticules interdits, recours aux procédés de fabrication doux et respectueux de la biodiversité.
  • Cosmébio : L’association propose deux niveaux de certification (Cosmétique Écologique et Cosmétique Biologique), toujours sous contrôle Ecocert. L’un des labels les plus repérés en France.
  • NaTrue : Référence internationale, garantit un pourcentage de naturalité élevé et interdit de nombreux procédés chimiques : trois niveaux de naturalité ("cosmétique naturelle", "cosmétique naturelle avec organic", "cosmétique bio").
  • Demeter : C’est la certification la plus stricte, réservée aux actifs issus de la biodynamie. Très exigeant (et rare) !
  • Nature & Progrès : Basé sur une charte associative, ce label va au-delà du bio classique, en imposant notamment un sourcing local, le refus des ingrédients venus de zones déforestées et la traçabilité complète du produit.
  • Labels vegan & cruelty-free : Par exemple, Leaping Bunny, Vegan Society ou PETA. Garantis sur la non-utilisation de matières animales et/ou sur l’absence de tests sur animaux, mais pas forcément sur le bio ou le naturel…

D’autres sigles peuvent accompagner ces logos, par exemple "Zero Waste" (emballage réduit ou biodégradable), "Slow Cosmétique" (mouvement pour une beauté raisonnable et écologique), etc.


Clean beauty : un label ou une philosophie ?


La "clean beauty" s’impose aujourd’hui dans toutes les enseignes, mais attention : il ne s’agit pas d’un label officiel. C’est avant tout une charte privée, définie par chaque marque ou distributeur :


  • Formules plus courtes, plus compréhensibles
  • Suppression des ingrédients jugés à risque (parabènes, phtalates, perturbateurs endocriniens, sulfates…)
  • Reformulation « progressive » des best-sellers pour s’adapter à la législation européenne, déjà l’une des plus strictes au monde
  • Communication renforcée autour de la provenance, du sourcing éthique, de l’écoresponsabilité

Là encore, prudence : le terme "clean" peut varier grandement selon les marques : ce qui est proscrit par l’une peut parfois subsister dans la gamme voisine. Se référer systématiquement à la composition INCI complète (lire l’étiquette !).


Comment lire et comparer les labels ?


Pas toujours évident de s’y retrouver entre les critères, logos, et allégations. Voici les bonnes questions à se poser :


  • Combien d’ingrédients sont réellement bio ou naturels ? Certains labels nécessitent seulement 10 à 20% d’ingrédients bio sur le total (un shampooing peut par exemple être "bio" alors que l’essentiel est… de l’eau filtrée).
  • Quels ingrédients sont exclus ? Lisez les listes d’ingrédients : certains labels interdisent les silicones et huiles minérales, d’autres non.
  • Quelle traçabilité ? Les labels sérieux imposent un suivi des matières premières du champ au flacon.
  • À quoi sert le label ? Est-ce un gage écologique (biodégradabilité, emballage), éthique (production locale, commerce équitable), ou simplement sanitaire (sécurité de la formule) ?

Et n’hésitez pas à consulter les sites officiels des organismes de labellisation pour comparer leur cahier des charges complet.


Quels ingrédients éviter en "clean beauty" ?


  • Parabènes, phénoxyéthanol, formaldéhyde, triclosan : conservateurs suspects ou irritants
  • Sulfates (SLS, SLES) : tensioactifs très détergents
  • Silicones, huiles minérales, paraffine : dérivés pétrochimiques non biodégradables, parfois comédogènes ou occlusifs
  • PEG et PPG, EDTA, BHT/BHA : agents de texture ou conservateurs controversés
  • Parfums de synthèse, colorants non naturels
  • Microplastiques et polymères de synthèse

Les labels sérieux en interdisent tout ou partie. En "clean beauty" libre, le tri dépend de chaque charte privée.


Focus : packaging et éthique au cœur de la révolution verte


Un vrai soin "bio & clean" ne se limite pas à la formule : l’impact sur la planète compte aussi. De plus en plus de labels exigent maintenant :


  • Un emballage minimaliste, recyclable, ou sans plastique
  • Un approvisionnement local ou écoresponsable
  • Une production "zéro déchet" ou à faible émission carbone

Certains vont plus loin jusque dans la logistique (recharges, consignes, shipping neutre en carbone, action sociale auprès des communautés de producteurs, etc.). La "clean beauty" devient ainsi aussi un choix sociétal.


Zoom pratique : repérer les vrais labellisés en rayon


Quelques conseils pour ne pas tomber dans le piège du "greenwashing" :


  • Scrutez l’emballage : présence d’un logo reconnu, numéro de certification, QR code vers le référentiel complet
  • Lisez la liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients), qui classe les ingrédients par ordre décroissant
  • Méfiez-vous des termes flous : "à base de", "dérivé de", "inspiré par la nature" n’engagent à rien
  • Fuyez les formules aux allégations appuyées sans label ou explication probante
  • Consultez Appli ou site d’analyse indépendante (La Vérité sur les Cosmétiques, INCI Beauty, Clean Beauty, UFC Que Choisir...)

Les limites et polémiques des labels


Décrypter les labels, c’est aussi avoir conscience de leurs failles :


  • Certains petits producteurs n’ont pas les moyens de payer la labellisation, pourtant leurs produits sont souvent très purs : fiez-vous à la transparence et à la clarté de la marque !
  • La traçabilité exhaustive reste difficile : une huile peut être bio, mais avoir traversé la planète…
  • Des ingrédients naturels peuvent être allergisants, et certains ingrédients de synthèse très sûrs : ne diabolisez pas tout par principe.
  • Le coût : le bio et le clean restent plus chers à l’achat, mais à relativiser au vu de la démarche engagée.

Conseils pour une trousse beauté réellement bio et clean


  1. Privilégiez la qualité à la quantité : mieux vaut trois produits labellisés, simples et efficaces, qu’une dizaine au marketing douteux.
  2. Lisez systématiquement la composition, même pour un produit "bio" ou "clean".
  3. Adaptez vos choix à votre peau et à vos priorités : tolérance, environnement, éthique animale…
  4. N’hésitez pas à mixer : une crème certifiée bio, un shampoing clean local, un savon d’un petit producteur artisanal…
  5. Sensibilisez votre entourage et partagez vos lectures et découvertes !

Conclusion : vers une beauté plus consciente, jour après jour


S’informer, comparer, faire la chasse au greenwashing, mais aussi encourager les marques engagées : la révolution bio et clean est en marche, et chacun peut y participer. Au-delà du choix du label, c’est la démarche globale qui fait sens : privilégier le “moins mais mieux”, s’orienter vers une routine plus respectueuse de sa peau, de la planète et des autres.

Sur Beauté Pratique, nous continuons à tester, débusquer les fausses promesses et saluer les vraies avancées. Parce que décrypter la cosmétique, c’est aussi donner à chacun les moyens d’agir pour une beauté saine, éthique et éclairée.

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